De la complicité des conjointes

Publié le par Bureau des Affaires Louches



Julie Couillard et les motards: Les années dangereuses


Si l'on se fie aux arrestations effectuées par les escouades spéciales, l'implication de la gente féminine dans les activités criminelles des groupes de motards existe mais reste marginale. Prenons par exemple la gigantesque rafle de l'opération Printemps 2001. Sur les 118 membres, aspirants ou complices des Hells Angels qui furent arrêtés le 28 mars 2001, on dénombra seulement trois femmes. (4) Les accusations auxquelles celles-ci durent répondre découlait de l'enquête appelée Projet Océan, qui visait la vaste de machine de narcotrafic des Hells. Fait inusité, c'est une femme qui avait permit à la police d'amasser suffisamment de preuves pour clore le Projet Océan. (5) D'origine bolivienne, Sandra Craig avait introduit certains Hells à des narcotrafiquants colombiens. Craig n'avait pas particulièrement appréciée de faire l'objet d'une tentative d'assassinat après s'être faite roulée par ses contacts chez les Hells. Elle se vengea en remettant aux policiers des documents incriminants qui établissaient un lien entre le trafic de drogue et «la banque des Hells», un appartement inhabité de la rue Beaubien, à Anjou, qui servait de comptoir bancaire aux motards.


Parmi les trois femmes accusées du Projet Océan, on retrouvait Monique Gauthier, qui était l'ex-épouse de Michel Rose, un membre du chapitre des Nomads, le club-élite des Hells. Lors de son arrestation, Gauthier fut trouvée en possession de 3,78 millions $CAN et de 161 000 $US. Bien que son rôle s'était limitée au comptage de l'argent sale à la «banque des Hells», Gauthier fut condamnée à purger cinquante-quatre mois de prison après avoir plaidée coupable à des accusations de trafic de stupéfiants, de complot pour faire du narcotrafic et de gangstérisme. (6) Chantal Contant, une autre des femmes accusées, avait été arrêtée pour avoir transportée des sommes d'argent totalisant 40 000 $ à la «banque des Hells». Elle déposait les fonds dans un compte au nom de «Gertrude», que la police relia à son ami, Walter Stadnick, lui aussi des Nomads. Sans antécédent judiciaire, Contant fut l'une des rares accusées à bénéficier d'une remise en liberté en attente de procès. Elle écopa d'une amende de 15 000 $ et d'une probation de deux ans après avoir avouée sa culpabilité à une accusation de possession d'un produit de la criminalité. (7)


Mais les statistiques policières en matière d'arrestation ne disent pas tout sur le phénomène de la complicité des conjointes de motards. Si l'on reste dans le registre de l'argent sale, on peut mentionner le cas de la criminologue Danielle Saint-Arnaud, ex-épouse de Normand Bélanger, dit «Pluche». St-Arnaud n'a jamais été accusée pour avoir cachée dans un réfrigérateur une somme s'élevant à 245 000$ que les policiers saisirent lors de l'opération Printemps 2001. (8) Surnommé «l'homme à la valise», Bélanger était réputé être le «grand argentier» des Rockers. Il était devenu un «prospect» des Nomads lorsqu'il fut arrêté sous onze accusations de meurtre d'individus associés à l'Alliance, ainsi que complot pour meurtres, trafic de drogue et gangstérisme, lors de la grande rafle de mars 2001. Gravement atteint d'une maladie mortelle incurable, le juge Pierre Béliveau de la cour supérieure du Québec autorisa sa remise en liberté sous de sévères conditions, en septembre 2002. Le tribunal lui ordonna notamment de s'abstenir de tout contact avec des membres ou des proches des Hells et leurs conjointes, et de demeurer chez... son ancienne épouse.


Dans son jugement, le juge Béliveau mentionna qu'«il faut prendre acte que lorsqu'elle faisait vie commune avec M. Bélanger, Mme St-Arnaud était consciente du fait que ce dernier vivait dans l'illégalité, sans nécessairement connaître son appartenance aux Hell's Angels, qu'elle a profité de la situation et qu'elle l'a même aidé, notamment en lui servant de prête-nom et en détenant un coffret de sûreté où ce dernier a placé d'importantes sommes d'argent.» (9) Le juge exprima ensuite l'avis que St-Arnaud et son nouveau conjoint étaient «des personnes sérieuses qui ne sauraient être définitivement discréditées du fait de leur complaisance passée, sinon de leur complicité». Pour cette raison, le tribunal se disa «convaincu qu'ils ne toléreraient pas que M. Bélanger profite de la situation pour contacter ses complices». Toutefois, le 26 février 2004, lorsque la police lança l'opération Sud qui visait les Hells qui auraient pris la relève après Printemps 2001, Bélanger figurait parmi les quelques quarante accusés... (10) «Pluche» retourna donc derrière les barreaux en attendant de répondre à des accusations de prêt usuraire et de gangstérisme. Toutefois, en mai 2004, la maladie eut raison de Bélanger, qui rendit l'âme dans un centre de soins palliatifs.


Selon journaliste André Cédilot, de La Presse, les biens que les motards acquièrent avec l'argent sale sont souvent enregistrés au nom de leur femme, ainsi que les membres de leur famille. (11) Dans la foulée de Printemps 2001, les tribunaux prononcèrent plusieurs ordonnances de blocage de biens. Il ne s'agissait-là que de la première étape d'un processus menant ultimement à la confiscation des biens jugés suspects par l'État On parle notamment de maisons qui, selon la police, auraient été acquise avec les profits faramineux du narcotrafic. Moins de deux semaines après la vague d'arrestations du 28 mars 2001, Claude Olivier, un avocat criminaliste, fut mandaté pour contester devant les tribunaux les ordonnances de blocage de biens. (12) «Actuellement, j'ai comme clients huit femmes ou conjointes de Hells détenus et d'autres viendront bientôt s'ajouter», déclara-t-il à La Presse à l'époque, ajoutant qu'il ne fallait pas oublier qu'il y avait des femmes et des enfants derrière les motards arrêtés et qu'à la suite des ordonnances de blocage, ces personnes se retrouvèrent sans le sou.


L'État québécois chercha notamment à confisquer les avoirs de Normand Robitaille, un Nomad qui avait plaidé coupable à des accusations de complot pour meurtres, trafic de stupéfiants et gangstérisme plus de deux ans après son arrestation de mars 2001. La valeur combinée des biens visés s'élevait à un million de dollars, ce qui incluait des immeubles, des véhicules, des meubles, 200 000 $ argent liquide, mais aussi une maison de 140 000 $, à La Prairie, que Robitaille avait acheté en 1993 avant de la revendre deux ans plus tard à sa conjointe de fait, Annie-Sophie Bédard, une avocate criminaliste. Selon la poursuite, les revenus déclarés de Me Bédard, qui s'établissaient à seulement 14 000 $ en 1995, ne permettait pas à celle-ci de débourser une hypothécaire mensuelle de 1050 $. (13) En mars 2005, la cour supérieure rendit jugement en ordonnant la confiscation de 500 000 $ en biens, soit la moitié des avoirs visés. La maison de La Prairie figura parmi les biens qui échappèrent à l'État. «Bien qu'on puisse avoir des doutes sur les intentions véritables des parties au contrat de vente», écrivit le juge Réjean Paul, «ces doutes sont insuffisants pour ordonner la confiscation de cet immeuble». (14)


Il n'y a pas que chez les Hells que les conjointes peuvent être appelées à jouer un rôle dans le recyclage des produits de la criminalité, communément appelé le blanchiment d'argent. Certaines conjointes des membres et associés des Rock Machine, le groupe le plus connut et le plus important de l'Alliance, se retrouvèrent dans le collimateur de la justice à la suite du blocage de biens totalisant 4,4 millions $, incluant les repaires fortifiés de Montréal et de Québec des Rock Machine. En mai 1998, l'enquête policière aboutissa au dépôt de quatre-vingt treize accusations de narcotrafic et de blanchiment d'argent contre neuf personnes, dont certaines des principales têtes dirigeantes des Rock Machine, tels que les frères Salvatore et Giovanni Cazzetta, de Montréal, et Claude Vézina, dit «Ti-Loup», et Dany Légaré, de Québec. (15) Parmi les autres accusés, on retrouvait pas moins de quatre femmes, soit Maria Cazzetta et Suzanne Poudrier, dont les conjoints respectifs mourront tous deux assassinés durant la «guerre des motards» (16), ainsi que France Gauthier et Hélène Filion, respectivement la conjointe et l'ex-femme de Vézina.


Après un long procès, Maria et Giovanni Cazzetta, Suzanne Poudrier et un quatrième accusé, Gilles Lambert, furent tous trouvés coupables de complot pour possession et possession de produits de la criminalité, en juin 1999. Les deux veuves s'en tirèrent chacune avec une peine d'un an avec sursis, en plus de la confiscation des biens visés par l'accusation, dont la valeur s'établissait à 655 093 $ dans le cas de Maria Cazzetta et à 345 387 $ dans le cas de Poudrier. (17) Giovanni Cazzetta reçut quant à lui une sentence de cinq années d'emprisonnement consécutive à la peine qu'il purgeait déjà pour trafic de cocaïne, tandis que Lambert écopa de trois ans de pénitencier. Trois mois plus tard, Vézina et Légaré plaidèrent tous deux coupables aux accusations de possession de produits de la criminalité. (18) Ils reçurent respectivement des sentences de quatre et de trois ans d'emprisonnement à être purgées de façon concurrente avec les peines de sept et de cinq ans d'incarcération auxquelles ils avaient été condamnés, deux ans plus tôt, pour possession d'explosifs et narcotrafic. Quant à l'ancienne et la nouvelle conjointe de Vézina, qui n'avaient fait qu'agir comme prête-nom, elles bénéficièrent d'un arrêt des procédures.


Règle générale, la blonde d'un homme du milieu des motards ne s'impliquera pas directement dans les activités de trafic de drogue de son conjoint. Mais il existe des exceptions. Manon L'Espérance en était une. Mère de trois enfants, L'Espérance était la conjointe de Pierre Tremblay, dit «Gros Pit», un individu que la police décrivait comme étant «le roi du PCP» au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tremblay était une relation d'affaires des Satan's Guards, un club-école du Saguenay qui était parrainé par le chapitre de Trois-Rivières des Hells Angels. «Gros Pit» était notamment l'un des neuf copropriétaires du local des Satan's Guards, situé à Chicoutimi. Selon la police, les membres des Satan's Guards et leurs acolytes exercèrent un quasi-monopole sur la vente de drogue et firent la loi dans les bars de la région durant une dizaine d'années. (19) Leur mainmise sur le marché fut quelque peu ébranlée par une série de razzias policières, à commencer par l'opération Tip lancée le 29 mars 2000.


Ce jour-là, la police perquisitionna le local des Satan's Guards et procéda à l'arrestation de dix-huit personnes, qui durent répondre d'un total de soixante-quatorze accusations, dont celles communes de complot pour faire le trafic de stupéfiants. Parmi les accusés, on retrouva le couple L'Espérance-Tremblay, chez qui les policières saisirent un kilogramme et demi de PCP. Alain L'Espérance, le frère de Manon, fut également arrêté. Accusée de complot et de narcotrafic, Manon L'Espérance était considérée par la police comme l'une des principales têtes de ce vaste réseau d'approvisionnement et de revente de PCP, dont les ramifications s'étendait jusqu'à la ville de Québec et même aux Escoumins, sur la Côte-Nord. Depuis au moins trois ans, L'Espérance dirigeait deux établissements, l'un à La Baie et l'autre à Chicoutimi, où se transigeaient entre 300 et 500 quarts de gramme de cocaïne par semaine, selon l'évaluation policière. (20)


Quant à son conjoint, «Gros Pit» Tremblay, il dû répondre à lui seul d'une cinquantaine de chefs d'accusations. Lui et Alain L'Espérance furent d'ailleurs les seuls accusés à demeurer détenu en attente de leur procès. Bien que la police plaçait Manon L'Espérance au sein de la cellule de commandement du réseau, la couronne a consenti à sa remise en liberté sous diverses conditions. Puis, en juin 2001, la couronne décida de faire la monter la pression en se prévalant de la loi antigang contre six accusés, incluant Manon L'Espérance, son conjoint et son frère Alain. Ceux-ci durent désormais répondre de deux nouvelles accusations, soit complot et trafic de stupéfiants au profit d'une organisation criminelle (gangstérisme). (21) Il s'agit d'infractions criminelles dont la peine maximale est de quatorze années d'emprisonnement qui doivent être purgées de façon consécutive au reste de la sentence.


Les procédures prirent fin le 3 avril 2002, lorsque l'ensemble des accusés enregistrèrent des plaidoyers de culpabilité. Manon L'Espérance se reconnut coupable des accusations de complot, de trafic et de gangstérisme et s'en tira avec une sentence de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité, une suggestion commune de son avocat et du procureur de la couronne. (22) Tenant compte de l'absence d'antécédents judiciaires de la mère de famille, le juge Jean-Claude Beaulieu décrivit L'Espérance comme une femme soumise à son conjoint. Selon les observations du magistrat, Tremblay aurait d'ailleurs exercé une emprise sur tous les accusés dans ce dossier. Une lettre que Manon L'Espérance avait adressé à son conjoint et qui fut saisie par la police lors de la perquisition joua également en la faveur de l'accusée. Écrite deux mois avant l'opération Tip, la lettre révélait que la conjointe de «Gros Pit» en avait assez de cette vie-là. Le juge Beaulieu profita d'ailleurs de l'occasion pour lancer un appel à toutes les femmes de dénoncer leurs conjoints lorsqu'ils les incitent à briser la loi. Quant à Tremblay lui-même, il fut condamné à une peine à de deux ans moins un jour d'emprisonnement.


Bien entendu, la complicité des conjointes de motards peut prendre des formes diverses et varier selon les circonstances. En avril 2003, lorsque les policiers parvinrent à mettre le grappin sur André Chouinard, un ex-Nomad qui était en cavale depuis l'opération Printemps 2001, ils procédèrent également à l'arrestation de sa conjointe, Lynn Maybury. (23) Celle-ci fut accusée de complicité après le fait pour avoir aidé Chouinard à échapper aux autorités qui le recherchait pour l'inculper du meurtre de huit individus associés à l'Alliance, ainsi que d'importation de milliers de kilos de cocaïne, de trafic de stupéfiants et de gangstérisme. Le mariage du couple Chouinard-Maybury avait été célébré en grande pompe au Château Vaudreuil, un chic hôtel de la banlieue ouest de Montréal, en mai 1999. La noce fut immortalisée sur une bande vidéo qui fut diffusée lors du mégaprocès des Hells, ce qui avait fait beaucoup jaser à l'époque car on y voyait notamment certains avocats de la défense s'en donner à coeur joie sur la piste de danse. Notons que Chouinard avait été l'un des Hells avec qui Sandra Craig avait fait affaire.


Vers la fin de l'année 2000, le scandale des taupes à la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) révéla que deux femmes ayant entretenu des liaisons amoureuses avec des motards avaient vendus des renseignements aux Hells Angels et aux Rock Machine, selon le cas. Il y a d'abord eut le cas de France Garon, une employée de la SAAQ vivant à Charlesbourg qui avait été la conjointe d'un Rock Machine. Garon travaillait depuis une dizaine d'années au département du support technique pour les permis et immatriculation de la SAAQ, ce qui lui donnait accès à des banques de renseignements personnels contenant des noms, adresses et numéros de plaques. (24) Se sentant mis sous filature, certains Rock Machine recherchaient des informations sur des véhicules qu'ils jugeaient suspects. Garon, qui avait des dettes de jeu, leur vendit des renseignements sur une vingtaine de plaques, dont une seule appartenait à un Hells, soit un membre du chapitre de Trois-Rivières. (25) Elle fut piégée par un proche des Rock Machine devenu informateur. Arrêtée en décembre 2000, Garon plaida coupable à des accusations d'abus de confiance et reçut une peine d'un an avec sursis.


La deuxième affaire de fuite à la SAAQ eut des conséquences beaucoup plus sérieuses. Une femme qui, selon la police, était une ancienne maîtresse d'un haut dirigeant des Hells avait utilisée illégalement le fichier informatique de la SAAQ pour recueillir des renseignements personnels sur onze individus associés aux Rock Machine ainsi que sur le journaliste Michel Auger. (26) Au moins trois de ces personnes furent ensuite tuées et six autres furent victimes de tentative d'assassinat, dont Michel Auger, ce qui porta à croire que les informations ainsi recueillies servaient à préparer des meurtres. La taupe ne travaillait pas à la SAAQ, mais bien chez un de ses mandataires, en l'occurrence Accès-Sport, un organisme voué à la réinsertion socio-économique. En mai 2001, Ginette Martineau et son conjoint, Raymond Trudeau, durent répondre d'un total de cent chefs d'accusation d'abus de confiance et d'utilisation frauduleuse des ordinateurs de la SAAQ. L'enquête permit d'établir que c'était Trudeau qui se chargeait de fournir les renseignements de la SAAQ à un contact chez les Hells. (27) En juin 2002, Martineau et Turgeon plaidèrent coupable et furent condamnés respectivement à trente-huit mois et à cinq ans de prison.


Les femmes du milieu de motards ne s'exposent pas seulement à des risques d'arrestation et d'emprisonnement. Comme nous le verrons plus loin, l'ex-Rocker Stéphane Sirois affirme aujourd'hui que Julie Couillard aurait été en danger de mort parce qu'un influent membre des Hells Angels l'aurait soupçonné d'être de mèche avec la police. Durant la «guerre des motards», il arriva à au moins deux reprises que des conjointes liées aux deux camps belligérants se fassent tirer dessus. Bien qu'il n'y a rien qui démontre que les balles leur était spécifiquement destinées, il convient tout de même de remarquer que les deux incidents survinrent à moins de deux semaines d'intervalle.


Ainsi, le 20 septembre 1999, Sandra Gloutney, la conjointe du Nomad Denis Houle, dit «Pas Fiable», vit la mort de près lorsqu'un tireur embusqué ouvrit le feu sur son véhicule alors qu'elle quittait sa résidence, à Piedmont. (28) L'un des projectiles manqua de peu la tête de Gloutney, qui était au volant du véhicule, tandis que son frère qui était passager s'en tira indemne. Blessée au bras gauche, Gloutney fut conduite à l'hôpital, mais refusa de porter plainte. Quatre ans plus tôt, Houle avait lui-même été la cible d'une tentative de meurtre. Puis, le 1er octobre suivant, Sunny Doucet fut à son tour blessée par balles lors de l'assassinat de son conjoint, Tony Plescio, un membre des Rock Machine. Plescio sortait d'une fête pour enfants qui se déroulait dans un restaurant McDonald, à Montréal-Nord, lorsqu'il fut abattu. De son côté, Doucet se trouvait dans le stationnement du McDonald et cherchait des couches dans le coffre arrière de sa voiture lorsqu'elle reçut une balle au pied à peine quelques instants avant de voir son conjoint s'écrouler sous les balles. (29) Le frère de Tony, Johnny Plescio, un membre fondateur Rock Machine, fut quant à lui assassiné l'année précédente, à Laval.


Bien que les assassinats de conjointes de motards soit un phénomène rarissime, la chose reste dans le domaine du possible. Natacha Desbiens, la conjointe de Stéphane Hilareguy, dit «Archie», un membre des Rockers, devint la 146e victime de la «guerre des motards» lorsque son corps carbonisé fut découvert dans sa maison incendiée à Saint-Roch-de-Richelieu, sur la Rive-Sud de Montréal, le 16 juin 2000. (30) Desbiens avait été abattue d'une balle dans la tête tandis que les restes de Hilareguy seront retrouvés à Potton, en Estrie, le 6 avril 2002. (31) L'unique survivant de la tuerie fut le bébé du couple, âgé de deux mois et demi, qui fut découvert la nuit du sinistre par des secouristes sur le terrain adjacent à la résidence. Dans le milieu des motards, la rumeur voulait que Hilareguy a été liquidé parce qu'il avait négligé de mettre le feu à une camionnette qui avait été utilisée pour commettre un meurtre à Montréal-Nord. Lorsque les policières mirent la main sur le véhicule des tueurs, ils trouvèrent une foule d'indices à l'intérieur, dont des empreintes digitales. Quant à sa conjointe Desbiens, elle était perçue comme un danger par certains Hells parce que Hilareguy aurait eu la mauvaise idée de lui faire trop de confidences... (32)



Sources:


(4) La Presse, «Opération Printemps 2001 – Liste des accusés», 29 mars 2001, p. A6.

(5) SHER Julian, MARSDEN William, «La route des Hells : comment les motards ont bâti leur empire», Editions de l'Homme (2003), p. 286-287.

(6) La Presse, «54 mois de pen à une compteuse d'argent», 9 décembre 2001, p. A12.

(7) La Presse, «Deux accusés de Printemps 2001 plaident coupables», Christiane Desjardins, 5 mars 2002, p. E1.

(8) The Gazette, «Judge frees dying biker», George Kalogerakis, September 11, 2002, p. A1.

(9) http://www.canlii.org/fr/qc/qccs/doc/2002/2002canlii11175/2002canlii11175.html

(10) La Presse, «Normand Bélanger, 'grand argentier' des Rockers, tient bon face à la mort», André Cédilot, 27 février 2004, p. A3.

(11) La Presse, «Des petits motards devenus richissimes», André Cédilot, 13 novembre 2001, p. E3.

(12) La Presse, «Les Hells ripostent – Ils contestent les ordonnances de blocage de leurs biens», Jean-Paul Charbonneau, 11 avril 2001, p. A4.

(13) The Gazette, «Biker's wife hid cash», Paul Chaerry, April 22, 2004, p. A6.

(14) http://www.canlii.org/fr/qc/qccs/doc/2005/2005canlii8540/2005canlii8540.html

(15) La Presse, «Pluie d'accusations contre cinq Rock Machine», André Cédilot, 8 mai 1998, p. A4.

(16) Bien que les médias parlèrent de «guerre des motards», les béligérants qui y prirent part ne provenaient pas tous des rangs de clubs de motards, ce pourquoi nous avons choisi de mettre des guillemets.

(17) La Presse, «Peines exemplaires et confiscation de biens pour deux fondateurs des Rock Machine», Marcel Laroche, 13 août 1999, p. A7.

(18) Le Soleil, «Les dirigeants des Rock Machine plaident coupable – Leurs biens pourront être confisqués», Richard Hénault, 29 septembre 1999, p. A7.

(19) Le Quotidien, «Drogues dans la région – Les Satan's Guards contrôlent tout», Serge Lemelin, 28 mars 2002, p. 2.

(20) Le Quotidien, «Le réseau de vendeurs de PCP durement ébranlé», Louis Tremblay, 30 mars 2000, p. 3.

(21) Le Quotidien, «Réseau de distribution de PCP – Accusations de gangstérisme ajoutées», Serge Lemelin, 19 juin 2001, p. 4.

(22) Le Soleil, «La femme d'un proche des Hells évite la prison», Guy Benjamin, 4 avril 2002, p. A15.

(23) Le Journal de Montréal, «D'autres artistes au mariage d'un Hells», Stéphane Alarie et Marc Pigeon, 29 avril 2003.

(24) Le Soleil, «Présumée infiltration par une amie des Rock Machine – La SAAQ tombe des nues», Isabelle Mathieu et Guy Benjamin, 8 décembre 2000, p. A3.

(25) Le Soleil, «La taupe à la SAAQ plaide coupable», Richard Hénault, 6 juin 2001, p. A3.

(26) La Presse, «SAAQ: des fuites qui coûtent des vies», André Noël, 16 décembre 2000, p. A21.

(27) Le Devoir, «Taupe sous arrêt», Rollande Parent, 31 mai 2001, p. A1.

(28) La Presse, «La conjointe d'un Nomad blessée par balles», Jean-Paul Charbonneau, 21 septembre 1999, p. A3.

(29) The Gazette, «Bikers' kids close to killings, Hells trial told», George Kalogerakis, February 7, 2003, p. A6.

(30) La Presse, «Mort plus que suspecte de la conjointe d'un motard», Jean-Paul Charbonneau, 17 juin 2000, p. A9.

(31) La Presse, «La police a perdu la trace de plusieurs accusés», Marcel Laroche, 12 septembre 2003, p. A4.

(32) La Presse, «Des ossements retrouvés pourraient être ceux d'un Rocker disparu», Marcel Laroche, 21 août 2003, p. E1.




L'avocat, l'ex-flic, le shylock et le chum de Julie Couillard

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article